Les derniers jours du Club des derniers jours


Genre

Comédie dramatique / Road movie / Tragi-comédie

Thématique

Vieillesse, suicide raté, amitié improbable, road trip existentiel, dignité face à la mort, urgence de vivre

Longueur

~85 000 mots

Ton

Tendre, cynique, drôle-amer

Public cible

Amateurs de La Grande Bellezza, Little Miss Sunshine, Jaco Van Dormael, comédie dramatique à la française

Résumé

Ils sont six. Tous vieux. Tous fatigués. Tous décidés à en finir avec dignité.

Le jour choisi est un mardi. Tout est prêt dans la salle des fêtes : chaise, corde, discours final, gâteau au chocolat. Mais Fernand, le plus décidé, va trop vite. Il meurt avant que les autres ne soient prêts.

Ça jette un froid.

Ils changent la date au mercredi. Par superstition. Ils deviennent le Club des Derniers Jours.

Il y a Georgette (grande gueule, ancienne ouvrière), Raymond (ex-cheminot syndicaliste, poète raté), Simone (dame discrète au passé trouble, très croyante), Maurice (ancien garagiste qui a trafiqué son fauteuil roulant pour aller plus vite), et Claudine (ex-maîtresse d’école, très à cheval sur l’orthographe et les funérailles).

Chaque mercredi, ils se réunissent pour tenter de mourir. Chaque mercredi, quelque chose rate. Un bus scolaire qui passe. Une pluie torrentielle. Un enterrement qui squatte leur cimetière.

Puis Jules débarque. 20 ans, trouvé leur annonce sur un vieux forum abandonné : « Rejoindre les Derniers Jours – pour mourir entre amis, avec dignité. » Posté par Raymond… il y a 12 ans.

Jules arrive avec une valise, une corde, et un cake aux olives. Ils l’adoptent. Mais passent plus de temps à le consoler qu’à mourir.

Face à l’échec répété, Georgette propose un dernier road trip. Ils achètent un van déglingué qu’ils repeignent en violet à pois : Le Dernier Cri. Direction la falaise de Kerloch. Au bout du voyage, la falaise et, avec un peu de chance, le repos éternel.

En route, ils visitent l’usine où Georgette et Raymond se sont rencontrés en 68. La plage où Simone n’a jamais osé se baigner. La maison d’enfance de Claudine devenue un supermarché discount. Entre chaque étape, ils tentent de mourir. Rien ne marche.

Et plus on approche de la fin, plus l’urgence de vivre devient grande.

Le Club des Derniers Jours est une ode à la vie qui se finit. Une comédie noire tendre sur des gens qui veulent partir ensemble et qui découvrent, malgré eux, qu’ils n’ont jamais été aussi vivants.

— J’t’emmerde, Claudine. J’t’emmerdais déjà en 68, et tu vois… rien n’a changé.

Georgette

Découvrir un extrait du roman

C’était un mercredi. Comme les autres. Comme tous.

Et l’attente s’installa.

Pas celle du miracle — non. Celle du basculement.

Le moment fatidique où l’un d’eux, peut-être tous, s’effondrerait la tête sur la toile cirée à fleurs.

En silence.

Enfin.

Mais rien ne venait.

— C’est long, non ? demanda Maurice au bout d’un moment, le regard tourné vers l’horloge murale. J’veux dire… on devrait pas déjà…

Il accompagna sa phrase d’un geste sans ambiguïté : tête penchée sur l’épaule, langue sortie, yeux roulés vers le plafond.

— Pourtant j’ai mis la dose, se défendit aussitôt Georgette, un brin vexée.

— Oh… murmura Simone, examinant la boîte cartonnée qu’elle tenait maintenant entre les mains. Qui a acheté ça, Georgette ?

— C’était à Georges, répondit-elle presque doucement. Je l’ai vu faire… ça aurait dû marcher.

Simone retourna la boîte, lut à voix haute sans insister :

— Ce truc est périmé depuis 1994.

Elle reposa l’emballage sur la table, avec le soin qu’on accorde aux reliques ratées.

— Oh merde, lâcha Georgette en saisissant la boîte à son tour, plissant les yeux pour vérifier la date elle-même.

Un silence suivi.

Puis Claudine, toujours droite, toujours ponctuelle, consulta sa montre avec la gravité d’une fonctionnaire des rites.

— Ce ne sera encore pas pour aujourd’hui. Il est déjà 16h50. Il faut ranger la salle et la libérer.

Personne ne protesta.

Alors, tous se mirent à la tâche, avec cette conscience méthodique qu’on ne déploie que pour les choses dérisoires ou sacrées.

On replia les chaises, on vida les tasses dans l’évier émaillé, on rinça les cuillères, on essuya la toile cirée.

On remit la boîte de bouillie doryphorique, calée dans le sac de Georgette contre celle de Fernand, sans un mot.

À 17h01, Raymond ferma la porte à clé, comme chaque fois.

Ils se séparèrent là, sans effusion, sans drame.

Raymond partit de son côté rendre la clé à la mairie, en traçant lentement le chemin inverse de leur venue.

Les autres regagnèrent leurs domiciles respectifs, un cabas sous le bras, une vieille douleur au genou, et la même promesse, ténue mais tenace :

Le prochain mercredi serait le bon.

Ce roman est en cours de correction.

Notes pour les professionnels

Comédie noire tendre unique : Le Club des Derniers Jours aborde le suicide des personnes âgées par le prisme de la comédie dramatique. Pas de pathos larmoyant, pas de leçon de morale – juste des personnages entiers, drôles, attachants, qui veulent partir dignement et ratent systématiquement.

Concept fort et original : Un club de suicide pour seniors qui ne fonctionne jamais. Chaque tentative échoue pour des raisons absurdes (bus scolaire, pluie, enterrement concurrent). L’échec devient libérateur – ils se mettent à vivre au lieu de mourir.

Road movie générationnel : Le van violet à pois « Le Dernier Cri » est le personnage à part entière. Le voyage mélange souvenirs (l’usine de 68, les amours perdus) et découvertes (Jules qui apprend à vivre des vieux qui apprennent à mourir). Structure road movie permet des scènes variées et un rythme dynamique.

Galerie de personnages attachants : Georgette la grande gueule, Raymond le syndicaliste poète, Simone la mystérieuse croyante, Maurice le garagiste en fauteuil roulant trafiqué, Claudine la maîtresse tatillonne, et Jules le jeune suicidaire adopté. Chaque personnage a sa voix, son passé, ses tics. Pas de clichés attendrissants sur la vieillesse.

Ton juste entre rire et émotion : Le livre refuse le pathos facile tout en respectant la gravité du sujet. L’humour vient des situations (Maurice qui pisse sur la tombe vendue à un jeune motard), des dialogues (engueulades de Georgette et Raymond sur qui a trahi la grève de 68), de l’absurde (minute de silence dans le rayon surgelés d’un Lidl).

Thématique universelle : Au-delà du suicide, le roman interroge la dignité, la solitude des personnes âgées, le droit de choisir sa fin. Sans jugement, sans solution simpliste. Juste l’observation que parfois, vouloir partir ensemble peut redonner envie de rester.

Playlist intégrée : Le roman inclut une playlist de chansons françaises vintage (Claude François, Barbara, Brel, Gainsbourg) qui rythment le récit. Ces chansons sont des marqueurs générationnels et émotionnels qui ancrent l’histoire dans une France populaire et nostalgique.

Marché porteur : La comédie dramatique française sur la vieillesse fonctionne bien (succès de Et si on vivait tous ensemble, Paulette, La Ch’tite Famille). Le Club des Derniers Jours combine cet ADN avec un ton plus noir et décalé, moins consensuel.

Potentiel cinéma énorme : Le concept est taillé pour le cinéma français : casting de grands comédiens seniors, road movie pittoresque, mélange rire/émotion, sujet de société. Budget maîtrisé (décors naturels, van, petite équipe).

Fin ambiguë fascinante : Sans spoiler, la fin joue sur l’incertitude et refuse la résolution facile. Elle laisse le lecteur avec un mélange d’émotions contradictoires – exactement ce qu’on attend d’une grande comédie dramatique.

Public cible : Large – des 30 ans qui y verront leurs grands-parents aux 70 ans qui se reconnaîtront, en passant par les amateurs de comédie française décalée. Clubs de lecture, prescription forte possible si bien accompagné.

Jump to lightspeed !