Carnet
Genre
Thriller psychologique / Roman blanc / Suspense
Thématique
Paranoïa, interprétation du réel, désintégration familiale, ambiguïté narrative
Longueur
~75 000 mots
Ton
Sobre, oppressant, ambigu
Public cible
Amateurs de Gillian Flynn, Paul Auster, The Leftovers, thrillers psychologiques ambigus

Résumé
Hannah est mère au foyer. Paul travaille. Les enfants grandissent. La vie est normale.
Mais Hannah possède un carnet. Des notes. Des fragments. Des codes. Des instructions qui n’en sont peut-être pas.
Un jour, on sonne à la porte. Un policier. Il veut lui parler d’une affaire qui le « trouble ». Hannah lui offre un café. Et pendant qu’il consulte ses notes, elle lui jette le liquide brûlant au visage. Puis elle sort une arme du placard. Tire une fois dans le thorax. Deux fois dans la tête.
La famille part sur les routes. Fuite ou voyage ? Hannah consulte le carnet. Parfois, ça fonctionne – une information tombe juste, un lieu s’avère exact. Parfois, ça échoue complètement. Paul commence à s’inquiéter. Léa se révolte. Noah observe sa mère avec un mélange de confiance et de doute croissant.
Le carnet parle d’Alcedo. Un nom qui commence à circuler dans les médias, associé à un événement violent. Plusieurs versions circulent. Aucune n’est vérifiable. Hannah ne confirme ni ne nie rien.
Est-elle une terroriste en fuite ? Une ancienne agent réactivée ? Une mère en pleine psychose qui interprète des coïncidences ? Le carnet dit-il la vérité ou Hannah projette-t-elle du sens sur des fragments aléatoires ?
Carnet est un roman blanc qui refuse de trancher. Un thriller où l’ambiguïté n’est pas un défaut narratif mais le cœur même du propos. Chaque lecteur, embarqué dans ce huis clos familial, devra décider ce qu’il choisit de croire.
Hannah glissa la main dans le placard entrouvert. L’arme était déjà chargée.
Elle tira une fois. Dans le thorax. Puis deux fois encore.
Dans la tête.
Découvrir un extrait du roman
La voix de Léa déchira le silence.
Hannah ne répondit pas.
— Maman ! S’il te plaît, fais demi-tour ! Mon portable ! Tu as oublié mon portable !
Cent cinquante mètres.
— Y’en aura que pour un instant, et—
La lumière envahit le rétroviseur.
Blanche. Brutale.
Puis le son. Pas un bang. Quelque chose de plus large, plus profond. Comme si l’air se déchirait. Le SUV vacilla. Les vitres tremblèrent. Un objet heurta le toit dans un bruit métallique avant de rebondir sur la chaussée.
Léa se retourna d’un coup.
— Oh putain.
Noah se retourna aussi, la bouche ouverte.
Hannah accéléra. Cinquante. Soixante.
Derrière eux, une colonne de fumée noire montait dans le ciel. Une boule de feu engloutissait ce qui restait de la structure. Des débris retombaient encore. Une alarme retentit. Puis une autre.
— Maman…
La voix de Noah était brisée.
Hannah ne répondit pas. Ses mains serraient le volant. Son regard restait fixé devant. Elle prit la première à gauche. Puis à droite. Le quartier défilait. Maisons identiques. Pelouses. Voitures garées.
Normal. Tout était normal.
Tout sauf ce qu’il restait derrière eux.
Cinq minutes plus tard, les maisons alignées cédèrent place à un parc puis à des entrepôts.
Hannah jeta un coup d’œil dans le rétroviseur tandis que le vieux SUV s’engageait sur le pont qui enjambait la rivière. Le tablier vibrait légèrement sous les pneus. L’eau coulait en contrebas, sombre, rapide, striée de reflets pâles.
Noah était toujours livide. Il avait le dos droit, trop droit, les mains serrées sur ses genoux. Léa, à ses côtés, regardait partout, tournant la tête sans s’arrêter, comme si quelque chose pouvait surgir de chaque côté à la fois. Sa respiration était bruyante. Irrégulière.
— Ton frère te prêtera son portable, Léa, dit Hannah sans quitter le rétroviseur.
Elle ajouta, d’une voix neutre :
— D’ailleurs Noah, prête-le-moi une seconde.
Dans le miroir, elle vit Léa faire non doucement de la tête. Un mouvement lent, presque implorant. Hannah tendit la main derrière elle, sans se retourner. Sa paume resta ouverte.
Noah haussa les épaules. Un geste court. Il sortit le téléphone de sa poche et le glissa dans la main de sa mère. Le plastique était tiède.
Hannah baissa la vitre avant. L’air froid entra brusquement dans l’habitacle, chassant l’odeur de tissu et de poussière. Sans ralentir, elle lança le portable par l’ouverture. L’objet décrivit un arc bref avant de disparaître. Un éclat sombre. Puis plus rien.
Le téléphone plongea à pic dans l’eau glacée de la rivière.
Léa se remit à pleurer de plus belle. Des sanglots secs, sans mots. Noah se pencha légèrement vers la vitre, cherchant à imprimer l’endroit précis où l’objet avait coulé. Il fixa la surface quelques secondes de trop.
Notes pour les professionnels
Roman blanc radical : Carnet refuse toute explication définitive. Hannah est-elle folle, agent formé, ou terroriste ? Le carnet dit-il vrai ou projette-t-elle du sens sur des coïncidences ? Le texte maintient cette ambiguïté jusqu’à la fin et au-delà. Un pari narratif audacieux rare dans le thriller français.
Thriller domestique psychologique : Le suspense ne vient pas de l’action mais de l’incertitude. Chaque chapitre peut être lu sous trois angles incompatibles. Le lecteur devient enquêteur, cherchant des indices pour trancher – mais le texte refuse de valider une seule lecture.
Structure en cinq actes : Rupture / Fuite / Contamination / Attribution / Convergence. La progression est géographique (la famille fuit) ET psychologique (la cohésion familiale se désintègre). Le carnet devient progressivement l’unique autorité, remplaçant Paul comme figure de décision.
Narration sobre et clinique : Pas d’accès à l’intériorité d’Hannah. On observe ses gestes, ses décisions, ses silences. Cette distance narrative est l’arme du livre – elle permet au lecteur de projeter ses propres interprétations sans être guidé.
Accroche immédiate forte : Le roman commence par une scène domestique banale (évier bouché, café, musique trop forte) qui bascule en violence brutale en quelques pages. Hannah tue un policier froidement, méthodiquement. Dès le chapitre 1, le lecteur est happé et se pose LA question : qui est vraiment cette femme ?
Thématique de l’interprétation : Au-delà du thriller, Carnet interroge comment nous créons du sens. Hannah interprète le carnet. Paul interprète Hannah. Léa interprète les deux. Le lecteur interprète tout. Qui a raison ? Personne. Tout le monde. C’est précisément le propos.
Marché porteur : Le thriller psychologique ambigu connaît un regain d’intérêt (succès de Gone Girl, The Leftovers, Shutter Island). Carnet se positionne dans cette veine tout en refusant la « grande révélation » finale – un choix plus littéraire que commercial mais qui peut créer le débat.
Potentiel débat critique : Le refus de trancher peut frustrer certains lecteurs habitués aux résolutions nettes. Mais c’est précisément ce qui peut créer le bouche-à-oreille et les discussions – chacun défendra SA lecture du livre. Un roman à clubs de lecture.
Adaptabilité transmedia :
- Format mini-série idéal (structure en 5 actes = 5 épisodes)
- Huis clos familial / road movie = budget maîtrisé
- L’ambiguïté visuelle peut être maintenue (caméra objective, pas de flashbacks explicatifs)
- La scène d’ouverture (meurtre du policier) est un cold open télévisuel parfait